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Caroline Cayeux perd le contrôle...et abandonne le débat au Conseil municipal

Beauvais, Mehdi Rahoui, Thibaud Viguier, Grégory Narzis

Article du Courrier Picard du 22/11/2014

Bastien Millot, LE sujet sensible pour Caroline Cayeux. Il a fallu une phrase de son opposant socialiste, Mehdi Rahoui, pour que l’émotion pousse le maire UMP de Beauvais à suspendre le conseil municipal, puis à lever définitivement la séance, jeudi 20 novembre. «  Peu de chose est délégué à des prestataires extérieurs. Néanmoins, je me souviens, il n’y a pas si longtemps, vous avez délégué à une société spécialisée en fausses factures, Bygmalion, la réalisation du journal municipal. »

À la seule évocation de la société de son ancien premier adjoint – soupçonnée d’avoir organisé des événements fictifs et de les avoir facturés à l’UMP dans le cadre de la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy – Caroline Cayeux jaillit. «  Ou vous présentez vos excuses, ou je porte plainte  », a-t-elle demandé à Mehdi Rahoui.

 

Une entreprise rachetée par son « pire ennemi »

Ce dernier venait de citer un article de l’hebdomadaire Marianne, paru le 17 mars dernier, intitulé Bygmalion près de chez vous, qui dressait la liste des communes ayant collaboré avec une filiale de Bymalion, Idéepole, spécialisée dans la réalisation de journaux municipaux, de plaquettes. Beauvais y figure. Idéepole a «  jusqu’à l’été 2009  », selon Marianne, réalisé le magazine communal Beauvais notre ville. Étrange lien quand on sait les relations rompues entre Bastien Millot et Caroline Cayeux, depuis que cette dernière l’a fait condamner, en 2004, par la justice pour les 1 500 heures supplémentaires fictives de son ancien chauffeur, embauché par elle-même sur les conseils de Millot.

Le scandale Bygmalion refait alors surface au conseil. «  Nous avions fait appel à cette société au début du premier mandat car nous n’avions pas de graphistes à l’époque. Du jour au lendemain, quand elle a été rachetée par Bygmalion, Idéepole a tout de suite perdu un client, c’est-à-dire nous, la ville de Beauvais  », explique, embarrassée, Caroline Cayeux, jeudi 20 novembre.

« Bastien Milot n’a jamais mis les pieds à l’hôtel de ville »

Pas réellement «  du jour au lendemain  », comme l’avance Marianne et comme l’indiquait le Courrier picard dans un article paru le 5 mars 2009. En effet, c’est en janvier de cette même année que Bastien Millot, cofondateur de Bygmalion, a pris le contrôle de la société Idéepole JM Conseil. Quelques mois plus tôt, il était même devenu conseiller régional UMP, de retour dans sa Picardie natale. «  Dans les couloirs de la Région, il se vantait même de gérer le journal de la ville de Beauvais  », répétait encore hier, Thibaud Viguier.

Dans les archives de Beauvais notre ville, toujours en ligne sur internet, l’entreprise «  Idéepole groupe Bygmalion  » apparaît bien dans l’ours du numéro de juillet-août 2009 pour la conception et réalisation du magazine. Ce que ne nie pas la majorité en place. «  C’est le seul numéro où Bygmalion apparaît, explique le cabinet de Caroline Cayeux. Dès que nous avons su qu’ils avaient racheté Idéepole, nous avons cherché à rompre le contrat et nous sommes passés en régie directe. Il ne faut pas insinuer que nous sommes allés souscrire volontairement un contrat avec Bygmalion. Jamais Bastien Millot n’a mis les pieds à l’hôtel de ville  ».

Dans les numéros précédents, seul apparaît le nom d’Idéepole, qui a effectivement conçu la maquette du journal municipal. «  D’année en année, le contrat avec eux s’est réduit. Nous faisions tout en interne. Restait le nom parce qu’ils étaient à l’origine de cette maquette  », poursuit, après coup, le cabinet. «  Pourquoi alors un tel psychodrame ridicule  ? », se demande Thibaud Viguier. Encore un coup de la politique.

 

Mélanie Carnot

 

 

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